Les secrets de la créativité

Les secrets de la créativité.
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Expérience d’auteur

“Cette publication participe au Carnaval d’articles “Les Secrets de la Créativité”, organisé par le blog S’élever par l’art, à l’occasion du Festival de la Créativité, se déroulant en ligne du 15 au 23 octobre 2022. L’inscription au Festival de la Créativité est gratuite. N’hésitez pas à découvrir son programme et à vous inscrire ici.”

Le festival de la créativité.

Découvrez l’article Comment créer votre banque d’inspiration : http://s-elever-par-l-art.com/comment-creer-votre-banque-dinspiration/

Il me semble que l’homme est créatif par nature. De tout temps, il a inventé pour progresser. Il a conçu des outils, bien sûr, mais également une pensée. Par quel processus, quel secret ? Décalage, reproduction, dépassement. Reproduire, pour mieux comprendre, rendre beau, creuser, trouver l’essence, maîtriser, déLe févelopper, surpasser.

Par désir de mieux, parfois de pire aussi, malheureusement, se niche en chacun le feu de la créativité.

Quels sont les secrets de ma créativité, à moi, en tant qu’auteur prolifique ?

J’ai déjà écrit un article à ce sujet (trois sources d’inspiration pour écrire un roman), mais je peux tenter de le sillonner plus encore.

La création par la main humaine. Découvrez mes secrets de création.
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Mes émotions

Comme la plupart d’entre vous, et pas la peine d’être hypersensible, je passe dans une journée par une multitude d’émotions. Je n’ai pas toujours le temps de les analyser, de les digérer. Et une émotion, ça n’a pas de forme, de visibilité, d’existence physique. Notre peau, nos organes deviennent les canaux de ce qui se produit en nous.

Mais quand j’écris, j’ai l’impression de vouloir donner corps, ou sens, ou intelligence, à ces émotions, de les dompter ou de les comprendre. Je souhaite les donner à voir. Écrire, ce n’est pas que décrire des actions, ou des personnages, des événements. C’est aussi puiser dans les ressentis pour enrichir une histoire, la rendre plus vivante. Que vaut un roman, voire une phrase, s’il ou elle n’est pas guidé par l’émotion ?

Et même le manque d’émotions peut en provoquer chez le lecteur. Par exemple, Meursault, le héros de L’étranger de Camus semble ne rien éprouver. Mais ce qui manque chez lui réveille en nous un émoi, une réflexion. L’angoisse, la surprise, le questionnement…

Puis l’émotion est un élément déclencheur. Elle fait entrer en action le personnage, provoque le mouvement, enclenche le processus du désir, celui du rééquilibrage. Ce qui crée le récit. Toute histoire part de là. C’est donc indispensable dans l’écriture.

Voici les familles des émotions : la joie, la colère, la tristesse, la peur, le dégoût, la surprise. Certains vont rajouter la confiance, le mépris, l’anticipation.

Elles se déclinent en de multiples autres émotions (honte, gêne…) et font partie des secrets des créateurs.

Si on devait lancer un atelier d’écriture rien qu’avec une émotion, ce serait possible. On essaie ?

Consigne d’écriture créative : La peur, 5 minutes.

Elle tourne en moi

Comme un loup égaré,

Blessé peut-être,

Seul, sûrement.

Elle fait trembler mes doigts,

Saisit ma langue

Coule en plomb

Au cœur de mes membres.

Elle singe le néant,

Glapit en hyène,

Sauvage et fière

Comme la mauvaise herbe.

Ressentir, éprouver, c’est vivre. C’est également la première phase de la réflexion, d’une progression. D’une création.

Un homme noir pris dans l'ombre d'un rideau. Image qui provoque de l'inquiétude, l'inquiétude qui pousse à être créatif. L'émotion est mon secret de création.
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De soi à l’autre, le lien secret.

Créer, c’est « s’infinir »

Moi

Écrire, commence par soi, un désir, une envie, un besoin, une expérience. Nous sommes une source d’inspiration immense, mais une autre source est à explorer. Les autres. Ces autres que l’on croise dans le bus, le tramway, le train, sur un trottoir, ces inconnus que l’on tente de deviner, de saisir. Puis ces collègues, la famille, le voisin, l’ami… ces autres qu’on connaît mieux, mais mal.

Tous, on peut les observer, en retirer un trait, une histoire, une psychologie, un fantasme. Ce sont ceux que je croise que je préfère. J’ai d’ailleurs du mal à cacher mon observation, il se peut que je m’attire des ennuis en opérant de la sorte. Oui, j’aime regarder et décrypter mes semblables. Ils pourront se transformer en personnages crédibles dans mes récits.

Ils permettent le pas de côté, le décalage, l’empathie. Et si j’étais lui ?

Ces individus inspirants sont la plupart du temps complémentent fondus dans mes protagonistes. Inconsciemment, ils m’ont nourrie. Je me suis exercée ainsi à la psychologie, à la morphologie, aux postures et aux situations.

Oui, tout cela va se poser dans mes écrits. Mes personnages deviendront vivants sans doute grâce à tout ce que j’ai pu analyser. Mais ils ne demeurent qu’une invention, des êtres de mon imagination.

Je ne pense pas dupliquer la totalité d’une personne. Dans ma série jeunesse, Miss Rabat-joie, je me suis beaucoup inspirée de mes connaissances, de mon vécu, ou des histoires racontées, mais ce n’est jamais reproduit entièrement.

Écrire, c’est tout déchirer et reconstruire, différemment, comme si on savait au fond de nous que l’infini demeure dans la créativité. Créer, c’est « s’infinir ».

Deux jeunes filles différentes qui sont proches. Un secret de création : le lien entre les uns et les autres.
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Rester assis ou se lever ?

Je ne me souviens plus de l’expression exacte, mais je crois que c’est quelque chose comme :

Avant de t’asseoir pour écrire, lève-toi pour vivre.

Peut-être dans le film Into the Wild…

La créativité vient-elle de l’action, de l’expérience ? Je n’en suis pas certaine. Bien sûr, le fait de multiplier les expériences, d’apprendre beaucoup de choses est stimulant, et donne matière à notre production. J’apprécie de retrouver dans les romans toute la culture de l’auteur, comprendre ses références, ou apprendre ce qu’il sait. Moi même j’aime distiller mes connaissances, ce qui m’a enthousiasmée, étonnée, fait frémir ou fait plaisir.

Mais créer est à la portée de l’enfant. Cela passe par l’esprit, par le corps, et avant cela par l’envie et la spontanéité.

Puis créer demande que l’on se confronte à l’inaction, au vide, au retour sur soi. Il faut s’asseoir, se poser, attendre. Si créer est un voyage, dois-je voyager pour créer ?

Quelques auteurs ont rédigé de grandes œuvres sans beaucoup bouger de chez eux.

Les sœurs Brontë, notamment Emily, Marcel Proust…

Finalement, je me pose plutôt la question de savoir si je ne devrais pas arrêter d’écrire pour vivre plus. Écrire prend du temps. Du temps à rester assise, à rester chez soi, à beaucoup réfléchir, après avoir lâché prise (parce que créer, c’est aussi lâcher prise). Cependant, c’est plus fort que moi…

J’imagine que comme en toute chose, la meilleure voie est celle du milieu. Il faut pouvoir tout faire, vivre comme cela nous fait plaisir, découvrir, s’inspirer. Et se poser, rechercher en soi la vie assimilée, les désastres et les bonheurs, coudre, et recoudre, former et composer, cracher et gruger.

Créer c’est comme un pont entre soi et les autres, soi et le monde, une quête, un va-et-vient, un mouvement libérateur et de développement humain. Il faut oser, se lancer, frôler l’urgence et la perte de l’existant.

Consigne d’écriture créative. Je m’assois et… Écrire la suite, 10 minutes.

Je m’assois et je regarde par la fenêtre, au-delà de la vitre, d’une protection de verre. Je vois la lumière qui se pose sur les murs, les oiseaux qui se posent sur la lumière, et mon regard qui se pose sur tout.

Je m’assois et mes doigts frémissent. Le clavier en dessous inspire. L’idée ne vient qu’au moment du relâchement, quand j’ai cessé de regarder, quand j’ai tourné en moi les yeux aveugles. L’idée n’est pas, les mots la créent. La façonnent. D’une jolie façon, de manière qu’on lui pardonne, d’être si simple, trop effacée. La voilà toute voile dehors, emportée, glacée et citronnée. Entre acide et sucrée, imparfaite.

Un homme qui est assis, mais semble aussi être prêt à se lever pour créer un livre, peut-être.
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Le secret de l’exercice.

On ne le dira jamais assez, mais demeurer créatif vient aussi par l’expérience propre à la créativité. C’est-à-dire en créant. C’est en forgeant que l’on devient forgeron. C’est en créant que l’on devient créatif.

L’enfant est créatif, généralement. Mais c’est en pratiquant que cela perdure. S’il continue à inventer, imaginer, en trouvant son canal (écriture, musique, bricolage…), il progressera dans sa créativité. Parce qu’il sera meilleur pour le faire, plus habile pour donner corps à ce qu’il veut créer. Attention à ne pas vouloir trop contrôler un enfant, par acte de résistance il cessera d’être créatif. Laissez le faire, comme il l’entend. Donnez l’exemple et les moyens, donnez le temps et l’espace.

Posséder une culture de son art fournit des idées, et la pratique du talent. En explorant les bas-fonds de notre être, les monts et merveilles de notre société, en polissant nos outils, l’on parvient à extraire ce que nul autre ne peut imaginer, on peut « s’infinir » toute une vie ; creuser, chercher, longer, puiser, donner, offrir, réinventer.

Créer, c’est être Dieu quelques instants. Et ça fait un bien fou, cette maîtrise sur l’inconsistance des choses.

Des outils pour bricoler, inventer, créer. La pratique est un premier secret.
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Conclusion

Voici donc 4 secrets du créatif :

L’émotion

Le va-et-vient entre soi et les autres

Le va-et-vient entre soi et le monde

La pratique

Puis, il y a peut-être cette infime part de magie, de hasard, de talent. Ceux qui font mieux que les autres, qui possèdent ce petit plus.

Ce qui n’enlève pas le plaisir aux individus moins bien dotés, mais tout aussi déterminés. Et puis, on ne sait jamais. À tout instant, une étincelle peut nous enflammer.

Retrouver les autres articles du carnaval sur la créativité ici.

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